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Les Fjords de l’Ouest

Les Fjords de l’Ouest, c’est l’espèce de fleurette de brocoli en haut à gauche de la carte. Notre passage par ce coin là n’était pas certain. On a fait plusieurs versions de notre itinéraire en Islande, et on n’était pas sûrs de pouvoir disposer d’assez de temps pour y aller.

Les routes sont presque totalement des gravel road, en mauvais état. Il y a peu de visibilité, de la brume en haut des cols, des précipices à tous les virages, des tunnels à une voie. Heureusement qu’on est déjà passés par la route de l’angoisse de Borgarfjörður eystri, qui nous a nettement détendue pour la suite. On dépasse rarement les 40 km/h, et il faut longer de nombreux Fjords, mais c’est pour ça qu’on y va !

L’avantage, c’est que c’est par conséquent la région d’Islande la moins visitée par les touristes, puisque seulement 10% y passent. Et ça, on aime plutôt bien… Mais surtout, c’est VRAIMENT un des endroits les plus spectaculaires qu’on ait vu. Si vous avez trois jours de libres dans votre parcours, et que vous êtes ok pour affronter les routes compliquées, il faut absolument y aller !

La route des dix Fjords, d’Hólmavík à Ísafjörður

Notre découverte des Fjords de l’Ouest débute un matin dans le froid et la brume à Hólmavík, sur la côte Est de la région. La première journée est celle où on passera le plus de temps dans le van, puisqu’on doit rejoindre Ísafjörður. On emprunte la route 61, qui longe pas moins de 10 fjords.

Les fjords de l'Ouest

C’est trèèèès long, mais on fait un stop à la ferme-café Litlibaer, à mi-chemin. C’est à peu près le seul endroit où on a croisé des êtres humains pendant le trajet. Par contre, plein d’attaques de sternes. Une gaufre en forme de coeur et on repart !

Juste un peu plus loin, on trouve un poste d’observation de phoques, avec jumelles à dispo.

On arrive finalement à rejoindre Ísafjörður, capitale des Fjords de l’Ouest, avec ses … 2500 habitants. On retrouve un peu de civilisation, et on fait le tour du centre ville avec ses jolies maisons colorées.

Les maisons colorées d'Isafjordur

Comme il fait jour jusqu’à minuit, et qu’on n’avait pas vu assez de Fjords dans cette journée, on en profite pour aller au bout du Súgandafjörður, jusqu’au village de pêcheurs de Suðureyri. C’est aussi l’occasion de découvrir qu’il existe des tunnels à une voie, avec carrefour…

Les Fjords de l'Ouest

Les péninsules centrales des Fjords de l’Ouest, d’Ísafjörður à Patreksfjörður

Le deuxième jour, on a moins de distance à parcourir, et on prend plus de temps pour profiter des Fjords. On découvre le minuscule village de Flateyri, posé au milieu de l’Önundarfjörður. Au bord de la route, on voit plusieurs séchoirs de têtes de morue, qui sont apparemment envoyées en Afrique pour faire des soupes …

On reprend ensuite la route (accidentée, escarpée, vertigineuse…) pour rejoindre Dynjandi. C’est là qu’on peut voir la cascade de Fjallfoss, qui dégringole d’un rocher de 100 mètres de haut. C’est un des spots les plus visités des Fjords de l’Ouest, il y a donc beaucoup de monde. On est plus trop habitués, donc on reste assez peu de temps au final. Notre route se poursuit vers Patreksfjörður, petit village au bord du Fjord du même nom.

La cascade de Dynjandi dans les Fjords de l'Ouest

La Côte Sud des Fjords de l’Ouest : de Patreksfjörður à Rauðisandur :

En route pour les falaises de Látrabjarg

La troisième journée dans les Fjords de l’Ouest a été la plus belle, peut-être la plus mémorable de ce voyage en Islande. On a vécu plusieurs journées en une, tant les paysages et le climat ont été changeants.

On commence par longer le somptueux Patreksfjörður, par la (gravel) road 62 puis 612. En chemin, on tombe sur l’épave du baleinier BA 64, posée au fond du Fjord depuis le début des années 80.

L'épave du BA64 dans les Fjords de l'Ouest

Le chemin est long pour rejoindre les falaises de Látrabjarg, un de nos principaux spots de la journée. Mais la route est sublime, et le temps changeant comme jamais. Parfois un énorme soleil, et dans le quart d’heure suivant tellement de brouillard qu’on roule littéralement à travers les nuages.

La plage de sable blanc de Breiðavík est déserte, on s’y arrête quelques minutes. On aurait presque envie d’y tremper un orteil, mais la mer du Groenland est gelée, même en plein été !

La plage de Bredavik dans les Fjords de l'Ouest

On atteint enfin à la falaise des oiseaux de Látrabjarg. Le lieu est très fréquenté par les touristes qui visitent les Fjords de l’Ouest, puisque c’est un des meilleurs spots du MONDE pour observer les oiseaux marins. Des millions de pingouins torda, goélands, fulmars, sternes arctiques (on s’en passerait bien de celles-là), guillemots… Et pas moins de 6 millions de macareux moines !

Les falaises de Latrabjarg dans les Fjords de l'Ouest

Les falaises font 14 km de long, et jusqu’à 440 m de haut. Très très vertigineux, le bleu de l’océan, le vert des prairies, et du vent, du vent, du vent. On s’entend à peine parler, entre les bourrasques et les cris des millions d’oiseaux. On reste un moment à observer les goélands planer dans les corridors d’air au bord de la falaise, puis en s’enfonce un peu plus loin, rapidement seuls.

Des panneaux nous rappellent qu’il est dangereux de marcher au bord de la falaise, à cause du vent. Les trous de macareux rendent la bordure instable. Pour voir les oiseaux les plus mignons du monde, on se met à plat ventre, et on rampe jusqu’au bord. A ce stade on fait pas trop les malins. Mais clairement, ça vaut le coup de se taper des sueurs froides.

La plage dorée de Rauðisandur

Après en avoir pris plein les yeux, on reprend la route 612. A l’embranchement avec la 614, on bifurque pour rejoindre notre dernière étape de la journée : la plage de sable rouge de Rauðisandur. Elle semble vraiment toute proche sur la carte, mais on pense mourir à chaque virage. La route est creusée dans la montagne, il n’y a même plus de gravier, on roule à même la poussière, avec des virages en épingle, au bord du précipice, en pleine brume. On se croise à peine à deux voitures, mais ça ne fait pas vraiment peur aux islandais, qui nous doublent à fond de balle, en nous recouvrant de poussière. La tension est à son comble, mais on finit par apercevoir la mer au détour d’un virage. Le soleil y est, c’est juste incroyable.

Raudasandur à marée descendante

Arrivés sur la plage au début de la marée descendante, on marche des heures les pieds dans l’eau, au milieu des moutons. On tente d’éviter les colonies de sternes. Il fait chaud, on a du mal à s’imaginer que quelques heures avant on était dans le vent glacé de Látrabjarg.

On décide de passer la nuit au camping de la plage, le soleil reste avec nous jusqu’à minuit. On est définitivement conquis par les Fjords de l’Ouest.

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